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Campus Baggerweier – L'avenir ne peut être reporté

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    FW
  • 24. Jan.
  • 5 Min. Lesezeit
Fernand WEIMERSKIRCH                                   Bech-Kleinmacher                                     Schengen
Fernand WEIMERSKIRCH Bech-Kleinmacher Schengen

Lorsqu'une commune est marquée pendant des décennies, ce sont rarement les petites décisions qui en sont responsables. Ce sont plutôt les décisions irréversibles, car elles sont gravées dans la pierre, dans le béton et, finalement, dans la réalité quotidienne des générations futures.

C'est précisément une telle décision qui attendait le conseil communal de Schengen le 27 janvier 2026 : le vote sur le projet définitif détaillé du mégaprojet Campus Baggerweier.


La commune elle-même est donc confrontée à une question fondamentale : voulons-nous façonner l'avenir ou voulons-nous le gérer ?


Plus qu'un simple projet de construction

On peut considérer le campus Baggerweier d'un point de vue technique : comme une école centrale, une caserne de pompiers et une salle de sport. Comme un projet, un chantier, un poste budgétaire.

Mais ceux qui s'en tiennent à cette vision ne voient que la surface.

En réalité, il s'agit de trois piliers qui constituent le cœur de la responsabilité communale :


  • l'éducation, fondement de l'égalité des chances et de la viabilité future,

  • la sécurité – en tant qu'obligation et promesse envers la population,

  • la communauté – en tant que poumon d'une commune, soutenue par des associations et des bénévoles.


C'est particulièrement important dans une commune issue d'une fusion. En effet, les communes issues d'une fusion ont besoin de plus que de simples structures administratives. Elles ont besoin de lieux visibles qui créent une identité, raccourcissent les distances et rassemblent les gens. Un campus peut remplir exactement cette fonction : non pas en tant que symbole, mais en tant qu'infrastructure fonctionnelle au quotidien.


Le débat a été rude, mais il était nécessaire

Personne ne peut nier que les dernières années ont été marquées par des discussions intenses. Au sein du conseil communal comme à l'extérieur, dans les conversations, dans les cercles engagés, dans les cafés, dans les familles.

Ce faisant, non seulement des arguments ont été échangés, mais des préoccupations ont également été exprimées : préoccupations concernant le financement, l'ampleur, les impacts environnementaux, la mobilité, la transparence. Certains citoyens auraient sans aucun doute souhaité une participation plus précoce, plus large et plus cohérente.

Ces objections méritent le respect.

Mais une commune ne peut pas se permettre de s'épuiser indéfiniment dans des discussions. Car à un moment donné, un débat ne sert plus à clarifier les choses, mais à retarder les décisions. Et le report d'une décision est également une décision en soi, mais dont les coûts sont rarement chiffrés ouvertement.


Le courage de prendre des décisions n'est pas de l'imprudence, mais un devoir politique

Il y a des moments où la politique communale doit être plus qu'un simple accompagnement critique. Elle doit être capable d'assumer ses responsabilités, même dans des conditions imparfaites.

Car il est illusoire de croire que les grands projets d'infrastructure répondront un jour pleinement à toutes les attentes. Attendre qu'un projet ne suscite plus aucune objection, c'est finalement choisir non pas la perfection, mais l'immobilisme.

Et l'immobilisme n'est pas une situation neutre pour une commune. L'immobilisme signifie


  • que les infrastructures nécessaires deviennent obsolètes,

  • que les opportunités restent inexploitées,

  • que l'on reporte les problèmes à plus tard, ce qui entraîne des coûts plus élevés.


Le campus Baggerweier n'est donc pas une question de confort. C'est une question de capacité d'action à long terme.


122 millions d'euros – un argument contre le projet ?

Le volume d'investissement prévu d'au moins 122 millions d'euros est un fait qui ne doit pas être relativisé. Une telle somme représente un défi énorme pour toute commune. Et il serait imprudent de ne pas considérer ce montant avec la plus grande prudence.

Bien sûr, les grands projets comportent de grands risques.


  • Les coûts augmentent,

  • les calendriers sont modifiés,

  • Les ressources sont mobilisées,

  • d'autres projets doivent attendre.


Mais cela ne signifie pas nécessairement un refus. Il en résulte autre chose : l'obligation de contrôle.

En effet, lorsqu'une commune décide de mettre en œuvre un tel projet, elle doit également s'assurer qu'il est géré de manière cohérente, transparente et structurée, tant sur le plan politique que financier.


Un accord n'est pas un chèque en blanc

Un « oui » au campus ne doit jamais être considéré comme un blanc-seing. Il doit plutôt être vu comme une mission :


  • au collège échevinal de gérer le projet de manière fiable,

  • au conseil communal d'exercer sa fonction de contrôle avec détermination,

  • à toutes les parties concernées d'informer de manière transparente et d'agir dans le sens de la recherche de solutions.


Cela implique également une nouvelle culture dans le suivi du projet : rapports réguliers, aperçu public de l'avancement, responsabilités clairement identifiées.

Un point permanent à l'ordre du jour tel que « Focus Campus Baggerweier » ne serait donc pas une question secondaire, mais un instrument de contrôle démocratique moderne – et un signal à la population que ce projet n'est pas « approuvé sans discussion », mais mené de manière responsable.


L'opposition n'est pas un réflexe, mais une responsabilité.

Le vote du 27 janvier n'était pas seulement un vote sur un projet. Il est également devenu un indicateur de maturité politique.

Car l'opposition ne se limite pas à formuler des doutes. Les doutes sont importants, mais ils doivent déboucher sur une position.

Un refus catégorique de ce projet n'est crédible que s'il existe un contre-projet viable : avec des propositions de solutions, un financement, des alternatives en termes de site, des calendriers, une faisabilité. Sans cette alternative, le rejet n'est pas une forme de création, mais un refus.

Et l'abstention ? Dans le cas d'une décision d'une telle portée, l'abstention n'est pas synonyme de neutralité. Elle revient à déléguer sa responsabilité.


Le campus va influencer la politique budgétaire

Même ceux qui ne s'intéressent aujourd'hui qu'au vote doivent voir plus loin. Le campus Baggerweier influencera le budget comme aucun autre projet dans les années à venir.

Cela signifie que ce vote aura des répercussions politiques – sur les débats budgétaires, sur la définition des priorités et sur la crédibilité des acteurs politiques.

C'est précisément pour cette raison qu'il faut de la clarté. Et c'est précisément pour cette raison qu'il faut une approche qui place le bien commun au-dessus des avantages tactiques à court terme.


Pour avoir un avenir, il faut aussi faire des choix

Le campus Baggerweier est vaste, coûteux, complexe – et vulnérable. Mais il représente également une opportunité rare : celle de renforcer la commune de Schengen à long terme, de réorganiser les infrastructures, d'offrir un avenir aux enfants et aux familles, de fournir les moyens nécessaires aux forces d'intervention et l'espace aux associations.

On peut critiquer ce projet. Il faut même l'accompagner d'un œil critique.


Mais ceux qui placent le bien commun au centre de leurs préoccupations parviennent difficilement à une autre conclusion après mûre réflexion :


Voter systématiquement contre reviendrait à fuir l'avenir.

Et l'avenir ne peut être reporté !

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